Parmi les personnes qui nous rendent visite, nombreuses sont celles intriguées par notre quotidien, curieuses de savoir pourquoi nous nous sommes engagés sur ce chemin religieux et qui désirent en savoir davantage sur notre vie de prière fraternelle. 

En parcourant notre site internet, vous nous rendez aussi visite en quelque sorte ! Et vous vous posez probablement les mêmes questions. La liste ci-dessous n’est pas exhaustive, mais nous espérons que cela vous apportera au moins quelques réponses… 

Si nous sommes une trentaine de moines réunis à l’abbaye Sainte-Anne, c’est sans doute pour un idéal et une mission, mais c’est d’abord et avant tout pour Quelqu’un.

  1. Dieu : le très-haut, le tout-autre, dans son fascinant mystère, le Père « qui habite une lumière inaccessible ».
  2. Le Christ : le très-bas, le tout-proche, l’enfant de Bethléem, le charpentier de Nazareth, le prophète de Galilée, le crucifié de Jérusalem, le ressuscité de Pâques, Celui qui vit pour toujours à la droite du Père, Celui qui est avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde et qui communique son Esprit de lumière, d’amour et de vie.
  3. L’Esprit : le très-intime, au cœur du monde, au cœur de l’homme, pour susciter la vie.

Reconnaître à Dieu la première place, la place centrale dans la vie quotidienne d’un homme : voilà toute le projet du monachisme. Répondre à l’Amour de Dieu qui, dans le Christ, s’est fait proche de l’homme pour le sauver et l’attirer à sa Vie éternelle : voilà l’idéal du monachisme. Témoigner, dans le silence et la fidélité, de la grandeur infinie et de la proximité inouïe du Dieu trois fois saint : voilà la mission du monachisme, dans l’Église et dans le monde.

Celui qui pense à la vie monastique commence généralement en faisant des séjours à l’hôtellerie du monastère. Après un premier contact avec le père Hôtelier, il peut demander à rencontrer le père Maître des novices ou le père Abbé. C’est dans le dialogue avec eux qu’il pourra prendre les moyens pour reconnaître si son désir correspond à un authentique appel de Dieu. 

Après quelques séjours, le père Maître des novices propose un stage au noviciat. Le candidat y partage pendant un temps un peu plus long — une à trois semaines — la vie des jeunes frères en formation. C’est au terme de cette première étape, qui s’étale habituellement sur plus d’une année, que le candidat peut être reçu comme postulant au monastère. Il entre alors dans le temps de formation et de discernement qui prépare aux engagements que sont les vœux temporaires puis les vœux solennels, et éventuellement, aux ordres sacrés (diaconat, prêtrise).

La routine est pour nous un risque réel. Mais pour celui qui a le regard de la foi, la monotonie n’est qu’apparente. Nous avons aussi des occupations précises pour chaque moment de la journée. Les fêtes liturgiques sont des temps forts. Dieu est tout le contraire de quelqu’un d’ennuyeux : Il est passionnant ! Plus on le connaît, plus on désire entrer dans l’intimité de sa Vie Trinitaire.

Les moines ne sont pas à l’abri des tentations contre la foi. Les vérités de foi peuvent être entourées d’obscurité, paraître difficiles à croire. Mais Dieu ne refuse pas sa grâce à qui la lui demande. Celui qui fait confiance à Dieu, même à travers les épreuves, sortira de ces épreuves avec une foi plus pure et plus ferme.

Nous sommes venus ici librement et y restons librement. Cela n’exclut pas qu’il puisse y avoir des périodes où la persévérance est difficile, mais Dieu est fidèle et sa grâce ne manque jamais. Les personnes mariées se doivent aussi fidélité. Il arrive, assez rarement, qu’un moine nous quitte, c’est une grande tristesse qu’on porte dans la prière ; c’est un peu comme une amputation d’un membre vivant.

La relation avec notre famille est  plus distante que pour des personnes qui ne sont pas moines. Par exemple, nous n’utilisons pas de téléphone portable ou de réseaux sociaux pour garder le lien avec elles.  Mais le courrier peut permettre d’approfondir les échanges, et elles peuvent nous rendre visite trois ou quatre fois par an. L’amour familial s’approfondit par la communion dans la prière.

La relation avec notre famille est  plus distante que pour des personnes qui ne sont pas moines. Par exemple, nous n’utilisons pas de téléphone portable ou de réseaux sociaux pour garder le lien avec elles.  Mais le courrier peut permettre d’approfondir les échanges, et elles peuvent nous rendre visite trois ou quatre fois par an. L’amour familial s’approfondit par la communion dans la prière.

Nous sommes actuellement 23 moines, âgés de 27 à 92 ans ! 

À la tête de la communauté, le vote des frères de vœux solennels place l’un d’entre eux qui devient père Abbé. Il a pour mission de veiller sur tout ce qui se passe au monastère.

La charge de l’Abbé est d’abord spirituelle : il doit guider chacun des frères et assurer la marche de tous sur les chemins de la vie monastique. Son exemple et son enseignement jouent un grand rôle dans les orientations de la communauté.

Les frères lui doivent l’obéissance, ce qui veut dire qu’ils agissent en toutes choses en se référant à lui. Il lui revient de décider en toute justice et charité ce qui est bon pour la communauté et pour le bien de chacun des frères. Il est aussi le responsable en dernier ressort de toutes les activités du monastère.

L’abbé est encore celui qui préside la vie liturgique du monastère. Il donne les bénédictions aux grands offices et il célèbre en personne les grands moments de l’année liturgique ainsi que les fêtes principales.

Dans sa mission centrale, le père Abbé est aidé :

  1. Par le conseil des frères qui intervient dans les décisions ou orientations : le chapitre réunit toute la communauté pour les questions les plus importantes ; le conseil est un groupe de quelques moines qui aident à la gestion de la vie courante.
  2. Par des anciens qui le secondent dans l’accompagnement spirituel des frères.
  3. Par des frères à qui il confie tel ou tel secteur de la vie quotidienne de la communauté.

Comme dans toute famille, il arrive qu’il y ait des différences de point de vue. Chacun a son caractère… Nous ne sommes pas parfaits. Il arrive donc qu’il y ait des disputes. Mais saint Benoît demande dans sa Règle que l’on se réconcilie avant le coucher du soleil (chapitre 4). L’unité entre nous est un don de Dieu, dont le Père Abbé a la garde. L’une de ses tâches les plus importantes est le service de l’unité entre tous les membres de la famille.

De notre travail. Les principales sources de revenus sont à compléter, les honoraires de messe. Nous recevons aussi quelques dons de nos bienfaiteurs. Du fait de notre vœu de pauvreté, nos dépenses sont réduites.

Moines de Kergonan

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